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Dossier N° 1 : Comprendre la MERULE

Serpula lacrymans, dite « mérule des maisons » fait partie des champignons, 5ème règne vivant, ni plante, ni animal.

On la trouve partout et comporte quelques 70000 espèces, dans l’eau, l’air, le sol, la forêt, le bois et les maisons.
Ces éléments étranges sont bien intégrés dans la communauté vivante et participent au cycle biologique du monde fait de synthèse et décomposition.

Elle est connue depuis la nuit des temps. Déjà, aux temps bibliques la mérule est appelée très significativement « lèpre des maisons ».

Citons le livre du lévitique qui énonce les règles de purification des maisons atteintes par « la lèpre des maisons » dans une conversation entre Yaweh et Moïse et Aaron (ch. 14, verset 33 à 48). Je vous en cite les phrases les plus marquantes :
Un propriétaire dit : « j’ai vu la lèpre dans ma maison » Yaweh dit que le propriétaire ira voir le prêtre. Le prêtre ordonnera de vider la maison avant  qu’il ne vienne examiner le mal. «  il constate sur les murs de la maison  les concavités rougeâtres ou verdâtres… il fera fermer la maison 7 jours.  Il reviendra et s’il constate que le mal s’est développé, il ordonnera que l’on retire les pierres attaquées par le mal, qu’on les jette hors de la ville dans un lieu impur. Puis il fera gratter les parois intérieures de la maison et déverser les crépis dans le lieu impur. On prendra de nouvelles pierres pour remplacer les premières.  … S’il constate que le mal prolifère à nouveau  il déclarera la lèpre contagieuse et la maison impure. On démolira la maison et on portera dans un lieu impur hors de la ville ses pierres, ses charpentes et tout son crépis. »

Ce texte illustre parfaitement toute l’attention que mérite ce champignon.

Il  traite de son développement rapide, de son caractère contagieux, de sa gravité puisque l’on doit avertir le prêtre, des remèdes vigoureux et parfois définitifs que l’on doit appliquer.

La mérule en quelques mots :

Champignon de la famille des EUMYCETES. La mérule n’a pas de lamelles et pour cette raison elle appartient à l’ordre des Aphyllophorales. L’ensemble  des mérules  fait partie des CONIOPHORACEES.

Les représentants de cette famille des coniophoracés sont des champignons lignivores responsables des pourritures brunes et cubiques.

En Bretagne, nous rencontrons principalement le coniophore des caves –Coniophora marmoratta- et la mérule – SERPULA LACRYMANS-

Les dommages causés par la MERULE  et leur origine:

Contrairement à certains champignons qui ne se développent que sur les résineux, les MERULES attaquent  les feuillus et les résineux.

Les substances de base des bois : la lignocellulose constituant le bois est fait de 3 composants la cellulose, env. 55%, l’hémicellulose, env.25%   et la lignine, env.20%.

Pour se développer la plupart des champignons exige une teneur en eau des bois proche de la saturation soit en moyenne 30%. Moins exigeante et pour cela beaucoup plus dangereuse, le développement de la Mérule se fait sur des bois dont la teneur en eau se  situe à partir de 18 à 20% .

Sachant que la teneur en eau d’un bois d’œuvre en bâtiment est de 7 à 14% on comprend que le développement de notre Mérule résultera d’un apport d’eau inhabituel provenant d’un dégât des eaux, d’un dommage de mouille, d’accident de la construction donnant place à des infiltrations, de la condensation de vapeur d’eau.

Son développement est favorisé par le confinement et le manque de lumière.

On dit donc qu’ « elle est le fait quelconque de l’homme, de sa négligence ou de son imprudence. »

L’action de la Mérule sur les bois est donc la disparition de la lignine et de la cellulose. Le bois asséché se rétracte et se fissure dans les 3 plans formant des petits cubes que l’on peut détacher à la main.

On comprend alors aisément que le bois ainsi attaqué  voit rapidement disparaître ses caractéristiques mécaniques.

Les poutres se cassent, les planchers s’effondrent.

Le développement de la MERULE

Carpophores en plafond de cave

Carpophores en plafond de cave

Comme tous les champignons, Mérule possède une partie végétative faite de mycélium ou ensemble de filaments  et ramifications (hyphes) issue des spores, et une partie fructifère, carpophores ou fructification, développant à sa surface un très grand nombre de SPORES, cellules de la reproduction et de dissémination.

Les carpophores sont visibles sur les bois bien sûr, sur les murs, sur d’autres matériaux contenant de la cellulose comme sur la photo jointe : le papier d’une laine de verre détrempée.

Le mycélium peut revêtir différents aspects allant d’un réseau de cordons formant un voile mycélien à une masse floconneuse ou cotonneuse qui semble « digérer » tout ce qu’elle recouvre.

Toxicité :

Mycélium : cordons et voile Déstructuration cubique du bois (sous face d’un plancher en chêne)

Mycélium : cordons et voile
Déstructuration cubique du bois
(sous face d’un plancher en chêne)

La phase de fructification est cyclique. Lors de la libération des spores  et indépendamment de l’humidité du local, des études en cours tendent à démontrer la possibilité de développer des allergies ou des maladies respiratoires  pour certains êtres humains.

L’élimination du champignon et de ses causes doit donc être réalisée sans tarder. 


Aspects Juridiques :

Rappel : Lors d’une transaction immobilière, dans les départements faisant l’objet d’un arrêté préfectoral, la recherche du Termite souterrain  est obligatoire et doit être réalisée par un diagnostiqueur certifié qui met en œuvre une méthodologie rigoureuse permettant de révéler l’infestation par ce parasite du bois. Le vendeur s’exonère ainsi de sa responsabilité à l’égard des vices cachés, dés lors qu’il a tout mis en œuvre pour instruire le diagnostiqueur de l’historique du bâtiment et qu’il a facilité autant qu’il est possible sa mission en rendant accessible les ouvrages ou parties d’ouvrages, l’ensemble des locaux et terrains objet de la vente.

La Loi ALUR dans son article 76 instaure un dispositif de lutte contre la mérule, en insérant au CCH les articles L133-7à-9.

Ce dispositif comporte plusieurs étapes :

  • Déclaration : art L.133-7 : déclaration de présence de mérule en mairie par l’occupant de l’immeuble bâti (à défaut d’occupant, par le propriétaire)
  • Zones de présence : Art. L .133-8 : la délimitation de zones de présence d’un risque de mérule par arrêté préfectoral, pris sur proposition ou après consultation des conseils municipaux.
  • Cession d’immeuble : Art. L133-9 : en cas de vente de tout ou partie d’un immeuble bâti situé dans une telle zone, une information sur la présence d’un risque de mérule est à inclure au Dossier de Diagnostic Technique.

Le dispositif de lutte contre la mérule est applicable depuis la promulgation de la LOI. Il repose sur l’obligation de déclaration par l’occupant pour établir ces Zones qui sont encore peu nombreuses.
Pour limiter les risques de contentieux et pour satisfaire à leur devoir d’information et de conseil, vendeurs et  Notaires seront tentés d’aller au-delà de la réglementation.

Pour répondre à ces nouvelles directives, il n’existe pas pour les experts de  CERTIFICATION  « MERULE ».

NOTAIRES et vendeurs, soucieux de limiter les recours au titre des vices cachés, auront donc la lourde responsabilité de faire appel à un expert compétant et expérimenté pour effectuer cette recherche qui va plus loin que le simple ETAT PARASITAIRE.

C’est le cas des intervenants mis à leur disposition par Odicée.

Ce dossier rédigé par François LAMOURE.

A propos Birer julien
Julien Birer est un diagnostiqueur certifié qui exerce depuis 7 ans.

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